CartonArchiver une pancarte

Manifeste

La pancarte est une arme

Elle porte une revendication là où le pouvoir ne peut pas l'ignorer : dans la rue, devant les caméras, sous les fenêtres des ministères. Elle nomme, elle accuse, elle ridiculise. Elle fait partie de l'arsenal de toute lutte, au même titre que la grève et le blocage.

La pancarte est une œuvre

Elle a ses formes, ses codes, ses détournements, ses chefs-d'œuvre anonymes. Elle s'écrit vite et pèse chaque mot. Les slogans de 1968 sont entrés dans les livres et les musées. Ceux d'aujourd'hui méritent le même regard, sans attendre cinquante ans.

Pourquoi une archive

Les institutions conservent quelques pancartes, à l'unité. Les médias en font des florilèges qui disparaissent en une semaine. Aucune archive ne rassemble ce que les mouvements sociaux écrivent dans la rue. Carton existe pour que cette mémoire appartienne à ceux qui l'ont produite.

Ce que nous ne donnons à personne

Une archive de manifestation peut devenir un outil de surveillance. Carton est construit pour ne jamais l'être. Les visages sont floutés avant même que la photo quitte votre téléphone. Les métadonnées sont détruites. Aucune identité n'est demandée, aucune n'est conservée. Chaque dépôt est relu par un humain avant publication, et toute image où quelqu'un reste reconnaissable est refusée.

Ce que nous refusons

Une pancarte peut viser toute personne qui exerce un pouvoir ou prend publiquement la parole : élus, ministres, dirigeants d'entreprise, éditorialistes, animateurs, figures médiatiques. S'exposer publiquement, c'est accepter d'être contesté dans la rue.

Nous refusons en revanche les pancartes qui nomment ou désignent des personnes sans parole publique : élèves, enseignants et personnels d'établissement, voisins, proches, agents désignés individuellement. Nous refusons aussi les messages racistes, sexistes, homophobes, transphobes ou antisémites, quelle que soit leur cible.