Une pancarte condense une revendication en quelques mots, à la main, sur le support le plus pauvre qui soit. Elle est pensée pour être lue à vingt mètres, photographiée, reprise. C'est un outil de lutte. C'est aussi une forme d'écriture à part entière, avec ses trouvailles, sa typographie, son humour, sa violence.
C'est pour cela qu'elle dérange. Lors de certains déplacements officiels, des pancartes sont confisquées avant même d'avoir été brandies. D'autres ont valu des poursuites à ceux qui les portaient.
Ces textes disparaissent avec les cortèges, ou dans les commissariats. Carton les recueille, les date, les situe, et les rend à tous.